Sur la route, sur la route
Nos démons à la fête
Les journées qui défilent
Le vitriol en tête
Des saltos aux fenêtres
Le linge sale et l’eau verte
Des odeurs à vomir
L’éclair fou du couchant
Ça gronde comme un tonnerre
De rage et d’orages
En oraisons funèbres
Nous roulons vers l’enfer
Clic-clac, patatras et pirouettes
L’un se met à sauter
L’autre d’un coup est carpette
Et ce monde dans nos têtes
Sur la route, sur la route
Les dents sur la bande blanche
Le drapeau noir en fête
Nos yeux sont grands ouverts
Des odeurs, des caresses
Les grillons qui crépitent
Sous les herbes qui vibrent
De discrets S.O.S.
Sur la route, sur la route
Des anges en pagaille
Les mains grisées d’espoir
Des chiens dorment à l’envers
Cris, merdes, avions, trottoirs
Un bordel ambulant
Le cirque du désespoir
Mais des rires d’autres temps
Des rires, des rires
Entre deux motels glauques
Aux odeurs de poubelle
Les draps froissés du vent
Sur la route, sur la route
L’arrivée du printemps
Des amis qui repartent
Un coup en guise d’adieu
Ça reprend de plus belle
Le visage face au vent
On n’en perd pas une miette
Le sang fait mille détours
Cabris et cabrioles
Le manège déjanté
De l’aventure à l’ouest
« Rentre tes fesses, t’es coincé ! »
Rentre les fesses, rentre les fesses
On dévale les montagnes
En sueur comme des dingues
L’Espagne qui pointe son nez
Madrid, Madrid, mi corazón
Tu aire, tus calles
El triste recuerdo
De la vida que duele
Sur la route, sur la route
Rien alors ne t’arrête
Tout revient à nouveau
Livrer ses écorchés
Me querría contiga
Hija loca, mía estrella
Podríamos ir a encontrar
La sangre negra del pueblo
Sur la route, sur la route
Fichue Espagne !
Rien d’autre — on passe
On passe, on passe !
Dévale, galope
Passe, passe !
Retourne en avant
Protège tes arrières
Sur la route, sur la route
Lisse et pâle
Comme le cul d’un enfant
On s’élance, ça repart
Le chemin déglingué
D’un pays plein d’espoir
Les yeux écarquillés
La brise qui se couche
Sur la route, sur la route
Et le fleuve qui t’y mène
Sans un mot t’y découvre
La bouche à peine ouverte
Les mondes inconnus
L’autre enfin qui s’y glisse
Les rouges ecchymoses
La solitude offerte
Nous rions éternels
Au loin l’aube qui se couche
Le soleil qui renaît
Tes lèvres qui s’entrourvent
Les blessures sur ta couche
L’ivre abondance du temps
Ton odeur et pourtant
La froideur qui t’emporte
Sur la route, sur la route
L’abandon en retour
Trahison et défaite
Les échecs et l’amour
Ceux qui t’aiment
Les beaux jours
Celles qui rêvent
À rebours
Sur la route, sur la route
Et ta vie en déroute
l’abandon qui t’enterre
Et la vie qui s’arrête
Sous la route, sous la route
Une caisse sans manières
Sous la route, sous la route
Une place se libère