L’abyssal envers
Table des matièresVersion iPhone/iPod



L’abyssal envers

(2009-2010)
De Emmanuel Saracco
Dédicacé à Sarah
Contacter Emmanuel Saracco
Votre IP : 38.107.179.238

N'hésitez pas à me contacter.

Accueil du site » 2. Les bactéries en fête

Les bactéries en fête

Emmanuel Saracco
J’aime le trouble, l’étrange et le bizarre
Les peintures étourdies aux contours barbares
Les sexes insoumis perdus sous les regards
Le vent d’un coup violent balayant les nuages
 
Les embruns en désordre qui mouillent les visages
L’appel humide de l’aube quand les corps sentent la nuit
Quelques musiques tribales aux accents téméraires
Une tornade échevelée et son tango d’enfer
 
Des paroles égarées derrière les crocs qui poussent
Les yeux du possédé rappelant ses comètes
Des mains noueuses et sèches tordues par les années
L’arc bandé solitaire de rires à la dérive
 
J’aime l’ombre, la nuit et le brouillard
L’odeur âcre du vent balayant les forêts
La caresse éternelle du sang raclant mes veines
Le battement inégal d’un cœur sans métronome
 
Le poème, hôte étrange encore saoul de ses vers
Les tristes conteurs et leurs chants à l’envers
Ces journées insatiables rongées par nos errances
Le socle un peu rouillé d’où remontent les rêves
 
L’archer désarçonné se rattrapant aux cordes
Le tremblement d’une main sous le joug des envies
Ces plaies à peines ouvertes qui ne cicatrisent plus
L’ombre bleue de la mort et son rythme effréné
 
J’aime les verbes bavards écumant les silences
La lueur électrique lorsqu’ils étoilent nos nuits
Cette ardeur, l’impatience, leurs habits de bohème
Sur le fil du rasoir, leurs balais interdits
 
Cette drôle d’existence, cirque étrange de l’ennui
Ce rien fait d’impossible, un possible ennemi
Les regards étonnés, ton indomptable désir
La folie sourde hélas ! Les sirènes que l’on cache
 
Celles qui n’ont plus d’été, que seul l’hiver enlace
Qui sourient en pleurant, gardiennes de leur enfance
Qui capturent en secret les vents pour les aimer
Qu’on appelle sans le dire sur un lit de silences
 
***
 
J’aime la symphonie grouillante des bactéries en fête
Le magma infini de leurs joyeuses recettes
Ces travailleuses de l’ombre acharnées et muettes
Qui sculptent dans la matière des jouets à notre goût
 

7 janvier 2010.

Commenter ce poème


SPIP SPIP