L’abyssal envers
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L’abyssal envers

(2009-2010)
De Emmanuel Saracco
Dédicacé à Sarah
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Accueil du site » 4. Feu de femme

La forge

Emmanuel Saracco

Croise ton feu comme les flammes.

Ça crépite en-dedans comme des furies rageuses. De leurs langues orangées elles lèchent les carcasses — ces corps mal étreints aux squelettes égarés. Leurs os résistent aux assauts répétés. Les ombres qu’elles protègent vacillent à l’approche de ces dames. Leurs caresses animales épousent toutes les formes. Ce qui brûle à leurs fins vient renforcer leurs armes.

Rejoins les yeux du soleil.

Regarde-les crépiter, elles enragent. Ces flammes nourries d’oubli. Ces flammes qui se contentent du peu que tu leur laisses. À la surface du soleil parfois on les devine. Lorsque les yeux rougissent comme une cendre vive, alors on peut les voir se dévorer entre elles.

Ramasse les nuages de tes bras de poussière.

Entends-les qui t’appellent de leurs voix incendiaires. Ces voix qui ne portent aucun mot, aucune phrase. Ces voix qui s’allongent et se déroulent en toi comme une algue. Ces voix familières et pourtant sans langage.

Sous le plomb de la nuit tu vas fondre une femme.

Sur le grand incendie tu verseras des larmes. On entendra des cris. Tu parleras pour elle. Loin sous le gris pâle d’une poussière d’étoile, tout se refroidira pour accueillir la belle.

24 avril 2009.

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