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Pour toi, les choses sont à l’endroit. Tu sais qu’il est en elles, mais tu n’y accèdes pas. Tu le devines plus que tu ne le sais, tu le sens plus que tu ne le vois. L’envers est une brume terrible... et tu y crois.
Que tu regardes ou que tu sentes, que tu respires ou que tu penses, tu es une plaque sensible, un monde sans cesse en devenir. Le bruit des choses, c’est toi. Tout te fait signe.
L’apparition pointe l’invisible. Les choses te touchent. Elles sont profondes, délicieuses, insondables — les choses... Tu en épies le moindre changement, tu es sensible au moindre charme.
Vaste incendie tu ris des ombres qui t’appellent. Cet abyssal envers, toujours insaisissable. Les signes qui le protègent et toi qui les ranimes. Cette abysse à l’envers aux cheveux de poussière, caressant l’invisible.
L’endroit t’inquiète. Abîme vertigineux, il te laisse l’entrevoir. Tu le sens là-derrière, mêlé à la matière — l’impénétrable absence. Tu croises des vies entières, leurs destinées et leurs manières — ce qui rend fou.
Il marche à tes côtés, et sa gueule même en bave. De ses crocs invisibles il lacère ton passé, morcèle ton présent — il est ton avenir, tu es son insondable.
Cet abyssal enfer, pourtant tu l’as nommé. Cet abyssal envers, pourtant tu le connais. Cette abysse allant vers... mais bien sûr, tu le sais — il te faut l’accepter.
19 février 2010.