L’abyssal envers
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L’abyssal envers

(2009-2010)
De Emmanuel Saracco
Dédicacé à Sarah
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Évolution

Emmanuel Saracco
Risque le temps
Prends ce qui dure
Invisible
Les instants qui s’enchaînent
Ce qui s’offre en silence
Le désir, cet entre-deux
Les ailes battantes, ce qui les meut
L’urne du levant
Le souffle qui grave l’espace
Avant la parole
Ce qu’on entend sans le comprendre
Ce qu’on n’entend
 
Saisis ce qui passe avant qu’il ne passe
Capture l’ombre
Le passé abyssal des éternelles étoiles
Mortes
Une onde à l’orée du ciel qui se couche
Ce que murmure le vide
Le bruissement délicat d’une couleur inventée
La peinture de l’aube
Même chaque fois renouvelé
 
Ne crois plus aux paris
Ni aux morts qui te narguent
Crache sur les limbes
Aime ce qui ne promet rien
Ne promets rien si tu n’aimes
Joue avec le temps
Les bras ouverts en croix
Signe tes noms encore
Des clous sanglants qui te gênent
 
Trépigne comme un gosse
Arrache aux idées ce qu’elles ont d’important
Ces airs qu’elles se donnent
De restes joyeux façonne tes dires
Formule ce que personne n’attend
Marche sur tes livres comme on
Traverse une mer
Rouge
 
Parce que rien ne te dérange
Rien ne te regarde
Rien ne trouble les vastes lacs
Qui naissent à tes pieds
Nourriciers, consistants
D’une puissance infinie
Sur lesquels tu navigues
À vue
 
Ce sang noir de la terre
Qui remonte en toi gorgé de lumière
Qui parcourt ton corps ivre de caresses
Dans tes veines
Sang qu’enfin tu libères
Abondant, sans manières
Sans qu’enfin tu ne te perdes
 

21 juillet 2009.

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