L’abyssal envers
Table des matièresVersion iPhone/iPod



L’abyssal envers

(2009-2010)
De Emmanuel Saracco
Dédicacé à Sarah
Contacter Emmanuel Saracco
Votre IP : 38.107.179.236

N'hésitez pas à me contacter.

Accueil du site » 4. Feu de femme

Dernière passe

Emmanuel Saracco

Ce que tu traînes n’appartient qu’à toi...

Tu regardes étonnée les instants qui zigzaguent entre l’aube étincelante et le crépuscule défait. L’histoire raccourcie des plaines humides te ramène à l’espoir un peu triste d’un soleil éteint que parcourent encore les oiseaux du silence. Et ces cris étranges qui sillonnent le vide à l’image de tes pleurs... Que seront-elles demain ces immuables peines qu’à l’envi tu dévores ? De sourires éclatés sur le sable encore ivres tous ces rires qui s’étreignent recommencent à mentir à l’orée des soupirs leurs soupirs son étrange et terrible qu’en dormant tu libères. Et ces nuits sans visage, de ces nuits qu’on emporte au moindre paysage à rebours se déportent un peu plus et s’éteignent à l’aune des souvenirs.

De ces rires noyés de peu...

Noyés de peurs s’y perdent même tes sourires puisqu’en lavant tes yeux sur la pierre tu n’arrives encore vide qu’à regarder du sang. Ce sang — ce sang — ce sang — ce sang — ce sang — ce sang — ce sang — ce sang... Rien n’est plus au soleil séchant comme une peinture à l’odeur d’un corps. Ce corps — ce corps — ce corps — ce corps — ce corps... Ce corps qu’en riant on déchire sur la pierre. Cette chair comme une viande équarrie. Cette chair qu’on lèche, qui de lèvres blessées sait passer sous silence. Cette chair que tu vends, qu’en passant près de toi on s’arrache aux aurores.

Ces rides aux yeux défaits...

Ces yeux qu’on peut voir le soir la nuit souvent sortir de ton lit pour retourner là-bas. Cet ailleurs un peu triste mais ailleurs tout de même. Cette allure trop vive et l’ardeur qui t’emmène. Tu te berces et tu vires tu t’emportes et soupires tu... Tu — tu — tu — tu — tu — tu — tu... Qui ? Tu. Toi. Je. Elle. Eux. Rien. Il te semble parfois qu’elle est toi. Qui es tu ? Quel émoi ? Qui te tue ? Qui te prend sous les rêves — ses restes — ton cauchemar refait ? Qui te recouvre la nuit sous des rêves incertains de son aile déchirée, triste et frêle aile blessée ? Qui protège ton enfer sous ses ailes d’acier ?

Ce qui t’entraîne n’appartient qu’à toi...

Sous ta peau éclatée parsemée d’étoiles mortes tu sais qu’il existe une mer douce comme un souffle. Ce souffle qui t’emporte. Ce souffle — ce souffle — ce souffle — ce souffle — ce souffle... Ton souffle. Cette bouffée d’espoir qu’en mourant chaque nuit tu appelles. Ce qui t’entraîne n’appartient qu’à toi. Tu regardes en souriant les monstres qui t’emportent et d’un geste lascif tu leur caresses l’échine. Cette nuit tu murmures : « Attends », « Viens », « Je t’aime ». Ces mots vides qu’on attend, qui importent... Peu t’importe. Et ce rire impatient qui en toi se ranime. Un rire que tu retiens comme une vague déferlante. Et ce rire impatient qui sourd devant ta porte. Tu — tu — tu — tu — tu... Pour une fois encore, tu te retiens de rire. Un sourire, peu importe. Un sourire comme une voile. Tu souris — tu souris — tu souris — tu souris... Ce que tu vends n’appartient qu’à toi...

Tu souris — peu importe. Ce sourire et ces rêves qui t’escortent. Ce sourire, et pour t’aider encore ces rires que tu emportes.

21 avril 2009.

Commenter ce poème


SPIP SPIP