L’abyssal envers
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L’abyssal envers

(2009-2010)
De Emmanuel Saracco
Dédicacé à Sarah
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Carnage

Emmanuel Saracco
Sur l’autel du temps qui passe...
 
On les voit s’égarer
Affolés, ridicules
Ils s’élancent dans le vide
Souffle court, tête baissée
Ils s’ignorent, se combattent
S’entremêlent, se déchirent
Les yeux ivres, l’air idiot
 
Sur l’autel du temps qui passe...
 
Et ça piaille et ça pleure
Ça pullule ébahi
Des adieux, retrouvailles, cimetières
Funérailles, insomnies, rires moqueurs
Soulagements, fééries, cœurs à vendre
Lits défaits, tristes sires, nuits obliques
Routes sans fin, puits sans fond
 
Sur l’autel du temps qui passe...
 
Et ça raille et ça rime
Et ça purge avec peine
Le moteur des soucis
L’essentielle inconstance
Un passage, une ruelle, les odeurs de l’Espagne
Des vivants à l’appel
D’une idée, d’une idole
 
Sur l’autel du temps qui passe...
 
Des fées-mirlitons qui ont le ventre qui sonne
Des cristaux d’algue mauve, nez au vent, rire aux larmes
La douceur d’une main
L’odeur d’une caresse
 
Sur l’autel du temps qui passe...
 
On les voit revenir
Fusionner, se confondre
Cacher, mentir, jouer, souffrir
Aimer, rougir, pleurer, sourire...
 
Sur l’autel du temps passé
J’assassine les souvenirs
 

26 mars 2010.

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